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Les bleus prennent la porte

L’équipe de France est donc éliminée dès les huitièmes de finale de l’Euro 2020, battue par la Suisse (3-3, 4 tab à 5). Une défaite pour laquelle Didier Deschamps est le responsable numéro 1.

A force de ne rien proposer, de n’avoir une animation offensive basée que sur les exploits individuels, ça devait craquer. Et c’est arrivé.

Lundi soir, le sélectionneur a innové avec un 3-5-2 en positionnant Lenglet en défenseur axial, Rabiot et Pavard dans les couloirs. Pendant un peu plus d’une mi-temps, jusqu’au penalty manqué par les suisses, la France n’a pas existé.

Sans ballon, les lignes étaient espacées, les trois défenseurs axiaux trop proches les uns des autres, et les suisses en ont profité pour jouer, montrer des circuits de passes que les bleus n’ont jamais montré depuis trois ans. Tout ça sans star.

Avec ballon, les partenaires de Kimpembe n’ont également rien montré. Pas de sortie de balle propre à cause de trois axiaux pas assez écartés pour occuper la largeur et à des latéraux beaucoup trop bas. A la pause, la Suisse menait logiquement 0-1.

En seconde période, à partir du penalty manqué, les bleus ont eu un gros temps fort durant lequel ils ont inscrit trois buts. On s’est alors dit que, comme d’habitude, ils allaient s’en sortir grâce au talent individuel. Pas cette fois. Les helvètes réussissaient à revenir au score puis à égaliser dans les dernières minutes, dans une défense complètement dépassée.

Les tirs aux buts furent alors fatals aux bleus avec le raté de Kylian Mbappé, dernier tireur de la série.

Mbappé, le penalty en symbole

Deschamps s’est donc trompé dans sa composition de départ en choisissant une défense à trois jamais travaillée, avec un Lenglet qui n’avait pas encore joué une minute et qui sortait d’une saison catastrophique avec le Barça. Deschamps s’est également dans son coaching en faisant entrer Sissoko dans les dernières minutes avec l’idée de tenir coûte que coûte plutôt que d’essayer de tenir le ballon. Il a été puni.

En rappelant Karim Benzema, le sélectionneur a juste masqué son manque d’idée dans l’animation offensive. La France a continué de jouer comme en 2018, sauf que non seulement certains joueurs ont été défaillants, mais défensivement, le bloc équipe a été dépassée sur les quatre rencontres disputées lors de cet Euro. La victoire face à l’Allemagne a juste masqué cela et a fait croire au sélectionneur qu’il était dans le vrai. Ce football basique, sans idée, n’existe que s’il y a victoire. L’échec est donc cuisant.

Côté parisien, Kimpembe a raté son match. Bougé par Embolo et Seferovic, le parisien a sûrement réalisé son plus mauvais match de l’Euro. A sa décharge, il n’a pas été aidé par le système à trois, puis par Rabiot. Il suffit de regarder le positionnement du turinois, à dix mètres du porteur de balle, sur le centre qui amène le deuxième but suisse pour comprendre.

Concernant Mbappé, son penalty raté n’est que symbolique. De nombreux joueurs ont raté des penaltys et ce n’est pas le réel problème. Certes, il aura été impliqué dans une grande partie des buts inscrits par les bleus, mais à part ça, il aura eu un déchet exceptionnel, forçant les dribbles, les percussions. Il voulait tirer les coups francs, les penaltys, s’imposer comme le leader de cette attaque. C’est raté.

Dans 18 mois, il y a la coupe du monde au Qatar. Didier Deschamps a donc le temps de mettre, enfin, des idées de jeu en place. Mais est-il réellement capable ?

crédit photo :  francetvinfo.fr

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