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Le PSG sur la Route de la Soie

Il y a environ huit siècles, Marco Polo avait compris que se limiter à l’Europe et aux territoires connus – du moins ceux où le commerce européen était bien implanté – n’allait pas suffire à développer le commerce mondial. Il faut conquérir de nouveaux marché, chercher l’exotisme et des partenariats de business. Etendre son bras sur le Monde est un processus lent et qui doit être géré de façon minutieuse. C’est même devenu vital à l’heure de la mondialisation. Cela n’a pas changé en plus de 800 ans d’Histoire, et le Paris Saint-Germain l’a parfaitement compris.

Bien implanté à travers le Monde, le club de la capitale compte bien propager son influence à l’étranger. Cela fait plusieurs années que le PSG suit une politique de développement à l’international. Grâce à l’image de Neymar Jr, cette progression monte en flèche. C’est notamment le cas de l’Asie, où le club compte bien installer sa marque durablement.

 

Un PSG Store à Tokyo ?

Il s’agit d’une première en Europe : le Paris Saint-Germain a ouvert une boutique dans la capitale japonaise, où le club n’était pas présent. Fabien Allègre, le directeur marketing du PSG, a signifié l’intérêt du PSG pour la ville de Tokyo, notamment pour son attrait à la mode. Dans un contexte où le club veut développer toujours plus son arsenal de streetwear – sans parler du colossal partnariat avec la marque Jordan –, il semble que le Paris Saint-Germain ait su trouver une opportunité. D’autant plus que de nombreuses stars commencent à porter la marque en public. Récemment nous avons eu droit à un superbe cliché (sur le compte Facebook du club) de LeBron James, arborant le maillot domicile avant un match de NBA.

Or pour qu’une société étrangère puisse s’implanter au Japon, il faut désigner un représentant local et être immatriculé au Japon (dont vous pourrez lire ici les conditions). Autrement dit, si personne au Japon n’est en mesure de pouvoir y représenter les intérêts du PSG, l’ouverture de boutiques s’en trouverait compromise. C’est là que l’entreprise Edifice entre en jeu. D’après les informations de nos confrères de Culture PSG, le club de la capitale a conclu un partenariat avec le groupe japonais. Les deux entités n’en sont pas à leur première collaboration.

 

Da Silva Santos Junior … WANG SHUANG !!

Wang Shuang est la nouvelle recrue star du PSG Féminines de ce mercato estival de 2018. Elue meilleure joueuse chinoise de 2017, la joueuse de 23 ans est également la toute première joueuse chinoise à signer au Paris Saint-Germain. Le football féminin étant en plein essor en Europe, il s’agit pour la jeune joueuse d’être l’une des vitrines du football chinois en Ligue des Champions. C’est une grande opportunité, à la fois pour le PSG d’avoir la « Neymar » chinoise dans son effectif mais également de faire la promotion du football chinois et de la Chinese Super League, devenu le quatrième championnat mondial en termes de spectateurs (selon les informations de Le Temps).

Ce transfert, inédit pour le club, est également une opportunité de s’ouvrir au marché chinois et de pouvoir s’y implanter durablement. Il s’agit certainement pour le club de pouvoir « draguer » les investisseurs locaux. Ce qui pourrait passer pour un transfert discret et anodin – d’autant plus que le football féminin reste globalement beaucoup moins médiatisé que le football masculin – est en réalité un transfert très important pour le club. Il suffit de s’attarder aux détails de la vidéo de présentation.

Que ce soit la musique, la mise en scène, le décor, tout est là pour dire « Regardez les amis, vous êtes importants pour nous ». Alors attention, loin de moi l’idée de dire que Paris ne cherche qu’à diversifier son vestiaire. Simplement, il faut comprendre qu’avoir dans son vestiaire la toute première joueuse chinoise de l’histoire du club est un message fort envoyé à la Chine.

 

Sébastien Wasels, l’ambition de conquête

Vous aurez ici reconnu une référence à Voltaire : Sébastien Wasels est le directeur du développement du PSG en Asie-Pacifique, dont les bureaux sont à Singapour. Dans une interview accordée au journal Le Parisien le 25 juillet 2018, il est expliqué que l’une des principales raisons de l’implantation de la marque PSG en Asie du Sud-Est est simplement le fait que la croissance du marché du football de cette zone géographique est en plein « boom ».

Autrement dit, les grands clubs européens souhaitant se développer à l’international ont tout intérêt à s’intéresser de (très) près au marché asiatique. Comme l’a dit Sébastien Wasels dans cette interview, c’est la Premier League qui reste largement en tête dans cette zone grâce aux horaires de diffusions qui permettent à beaucoup de monde de pouvoir suivre les matches à des heures raisonnables. La Ligue 1 a tenté de faire cela, souvenez-vous de Nice-PSG diffusé à 13h le dimanche 18 mars 2018.

Au-delà même de l’image de la ville de Paris – qui je le rappelle reste la destination privilégiée des touristes étrangers dans le monde –, Neymar Jr joue un rôle essentiel dans cette diffusion. Neymar Jr est comme dirait Romain Molina, le joueur « bankable comme pas possible ». Cela veut dire que le simple nom de Neymar suffit à faire vendre. Plus un joueur est populaire, plus il sera suivi sur les réseaux sociaux. Par conséquent, c’est le club qui gagne des « followers ». Avoir des joueurs au moins aussi bankables que Neymar Jr ne fera que renforcer la fanbase locale du club. Et ça, les dirigeants du PSG et donc Sébastien Wasels l’ont bien compris. Ce qui nous amène au point suivant : la Asia Summer Tour 2018.

 

International Champions Cup 2018

A l’occasion de l’International Champions Cup 2018, le PSG en a profité pour faire sa propre communication avec l’Asia Summer Tour 2018. L’objectif était clair et assumé : faire un tour des points stratégiques de l’Asie-Pacifique avec les joueurs et Gianlugi Buffon, dont Singapour (là où sont installés les nouveaux bureaux du PSG en Asie). Et là encore une fois, objectivement, la communication du club sur cet évènement est très bien réalisée et plutôt moderne finalement, avec des vidéos à thèmes que l’on pourrait retrouver sur n’importe quelle chaîne YouTube, comme des vidéos de dégustations de produits locaux ou des quizz sur les pays. Dit comme ça, cela peut paraître très anodin et même superficiel. En réalité c’est un mouvement plutôt habile du club, puisque ce genre de pratique permet de montrer la volonté et l’intérêt du club pour ces pays.

Vient ensuite le Trophée des Champions 2018, contre Monaco à Shenzhen en Chine. Maillots floqués en mandarin et le retour du messie : Neymar Jr, tout juste revenu de ses vacances suite à la Coupe du monde. Malgré la large victoire de 4 buts à 0 pour Paris, le public ne semblait avoir d’yeux que pour le prodige brésilien. Injuste pour le club et les joueurs sur le terrain ? Très certainement. Étonnant ? Bien sûr que non. C’est même logique quelque part : de toute le vestiaire parisien, si l’on exclut Kylian Mbappé, Ángel Di María et (à la rigueur) Edinson Cavani, Neymar reste le joueur le plus populaire à travers le monde. Alors certes cela peut paraître injuste au vu de la performance de l’équipe sur ce match, mais c’était le prix à payer. Il ne faut pas oublier que le football reste un sport international et que par conséquent, le rapport aux clubs et aux joueurs varie en fonction des régions. Cela est dû aux mentalités, aux cultures. Autrement dit, il va falloir attendre le temps que le club s’installe bien dans ces pays avant d’espérer recevoir un amour fidèle et sincère de la part de ces fans et supporters.

Le club de la capitale semble suivre une bonne démarche d’internationalisation de sa marque. Reste à savoir jusqu’où ira se développement, qui semble pour le moment plus que prometteur. Et si, tout comme Marco Polo, le Paris Saint-Germain a trouvé en Chine son nouvel El Dorado ?

 

Loukman

Paris United

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