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Le but à l’extérieur, c’est fini

L’UEFA a donc décidé que le nombre de buts marqué à l’extérieur en coupe d’Europe n’existerait plus. Encore une fois, c’est une partie de l’histoire des coupes d’Europe qu’on balaye.

Instauré en 1965, le nombre de buts marqué par une équipe à l’extérieur pimentait chaque année l’histoire des matchs à élimination directe des coupes d’Europe. Contrairement à la légende, le but à l’extérieur n’a jamais compté double mais, en cas d’égalité, celui qui en avait inscrit le plus chez son adversaire se qualifiait pour le tour suivant.

Il parait que ça va favoriser le spectacle et éviter les calculs. Évidemment, c’est faux. Quand une équipe devait marquer à l’extérieur pour se donner un avantage, qu’un 2-2 était plus positif qu’un 0-0, désormais, 0-0, 2-2 ou 4-4, ça ne change plus rien. Pourquoi alors les équipes se livreraient-elles dès le match aller ?

Pour le match, retour, c’est pareil. L’équipe qui avait fait 2-2 chez elle entamait la rencontre retour avec l’obligation de marquer car à 0-0, avant, elle était éliminée. Désormais, les deux équipes seront à égalité et il n’y aura plus aucune raison que l’équipe qui reçoit doive marquer.

Enfin, on nous parle d’équité. Quelle bêtise. En cas d’égalité, l’équipe qui reçoit au retour jouera trente minutes supplémentaires avec l’avantage d’être chez elle, soutenue par son public. Où est l’équité ? On peut même se demander si, avec cette réforme, la prochaine étape ne sera pas la suppression de la prolongation qui devient une injustice.

Sans but à l’extérieur, l’histoire du PSG – Réal aurait été différente

Toutes ces réformes tendent également vers autre chose : le final 4. Sans avantage de terrain aller – retour, à part la billetterie, il n’y a presque plus aucune raison de ne pas réaliser un final 4 sur terrain neutre.

Sans cette histoire du but à l’extérieur, pas de PSG – Réal historique. A 2-0 pour le PSG au retour, alors qu’ils étaient qualifiés, les deux équipes seront désormais à égalité. Le Réal n’aurait pas eu à se découvrir et le PSG n’aurait sûrement pas inscrit le but sur contre de Valdo.

Sans le but à l’extérieur, pas de Monaco – Réal Madrid 2003 – 2004. Les monégasques s’étaient inclinés 4-2 à Madrid. Au retour, Raul ouvre le score. Monaco marque trois fois et mène alors 3-1. Sans le but à l’extérieur, égalité parfaite. Avec, le Réal a été dans l’obligation d’attaquer pour marquer de nouveau afin d’espérer se qualifier.

Sans le but à l’extérieur, pas de PSG – Anderlecht 1993. Après avoir fait 0-0 au Parc, avoir été mené à Bruxelles 1-0, Kombouaré, de la tête, va égaliser et même plus. Il va qualifier le PSG pour le tour suivant.

Sans l’histoire du but à l’extérieur, Paris ne serait pas qualifié suite à l’égalisation de la tête de Silva à Chelsea, et Paris n’aurait pas été éliminé par le but de Demba Ba l’année précédente. C’est ça l’histoire des coupes d’Europe.

Avec ces réformes, l’UEFA est en train d’aseptiser le football, favorisant le calcul à la folie. Ça plaira à certains, pas à d’autres. Moi, j’ai choisi mon camp.

crédit photo: lequotidiendufoot.fr

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