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Le 5-3-2: Parti pour durer ?

Paris a de nouveau évolué en 5-3-2 lors de la victoire 5-1 face à Basaksehir en Ligue des champions. Un système qui correspond aux caractéristiques du moment mais qui peut aussi offrir de nouvelles possibilités à l’entraineur parisien.

Depuis la fin de rencontre à Manchester, Thomas Thuchel insiste avec le 5-3-2, le système dans lequel il a remporté le match crucial de Ligue des champions 1-3 à Old Trafford. Ce schéma semble correspondre aux profils de nombreux joueurs parisiens, mais aussi aux états de forme du moment.

Les trois axiaux

Dans ce système, Marquinhos évolue en défense et ça change beaucoup de choses. Lors des trois matchs aller, le brésilien n’a pas joué à son poste de prédilection ou a été absent. Résultat : deux défaites, une victoire, quatre buts encaissés. Lors des matchs retour, quand il a été aligné en défense (à quatre ou à cinq) le PSG a remporté ses trois matchs n’encaissant que deux buts. Peut-être pas un hasard.

Avec Kimpembe axial gauche, les deux joueurs évoluent dans des conditions qui leur conviennent. Ils possèdent également des qualités de relance importantes dans ce schéma, que ce soit dans le jeu court ou long, ou dans la conduite de balle pour gagner du terrain. La superbe ouverture de Marquinhos pour Mbappé en première période en est un exemple.

Pour faire le troisième défenseur, l’entraineur parisien avait opté pour Danilo. Face à une équipe limitée et inoffensive, le portugais a pu gérer tranquillement, coulissant parfaitement quand il le fallait pour couvrir, et faisant régner son jeu de tête sur les quelques incursions turques. Quid du portugais quand il faudra défendre en avançant, gérer la profondeur face à des joueurs d’un autre calibre que Crivelli.

Pour faire ce fameux troisième axial, Tuchel a d’autres solutions. Diallo peut être celui-ci, même si je ne miserai pas beaucoup sur le fait que Tuchel aligne deux gauchers dans une défense à trois dans un gros match de Ligue des champions. Kehrer peut également être celui-là, dans un rôle de défenseur axial droit, ce qui permettrait de recentrer Marquinhos. Si Kehrer retrouve un jour un niveau correct, dans les profils, le trio KehrerMarquinhosKimpembe pourrait montrer de grosses qualités. Enfin, Pembélé peut, si besoin, être ce défenseur axial droit, en Ligue 1 en tout cas.

crédit photo voixdunord

Les joueurs de couloir

Dans ce système, les joueurs de couloir ont un rôle essentiel. Parfois défenseurs, parfois milieux, souvent attaquants, ils doivent sans cesse s’adapter à la physionomie du match. Quand l’équipe a le ballon, ils doivent vite si situer très haut afin d’offrir de la largeur. Quand l’équipe n’a pas le ballon, ils doivent se situer légèrement devant la ligne des trois axiaux, mais en peu plus bas que les milieux pour fermer les couloirs et permettre aux autres joueurs de mettre de la densité dans l’axe.

Florenzi a le profil parfait, de par ses qualités, notamment offensives, mais surtout par son parcours d’ancien milieu offensif. Son manque de vitesse est alors compensé par la couverture d’un défenseur axial supplémentaire plus proche de lui. Bernat possède également le profil idoine. L’espagnol avait d’ailleurs brillé quand Thomas Tuchel avait évolué en 3-4-3 lorsque le PSG était dans la poule de Naples et Liverpool. Mais quand sera-t-il opérationnel ?

Côté gauche, Bakker a l’air d’avoir les préférences de Tuchel depuis le début de saison. Le néerlandais doit encore progresser dans plusieurs domaines, mais, il semble être à l’écoute et en progrès. Dans ce système, Kurzawa devrait être le joueur parfait, surtout en l’absence de Bernat. Mais le français n’offre pas de garanties ni défensives, ni offensives alors que c’est ce qui faisait sa force. On a même parfois l’impression qu’entre les deux gauchers, le choix est fait par défaut plus sur celui qui fera le moins d’erreurs que sur le meilleur. Enfin, si Paris a l’idée d’avoir un joueur plus défensif, Diallo pourrait venir s’immiscer dans cette concurrence.

À droite, pour suppléer Florenzi, Dagba, Kehrer et Pembélé sont en concurrence. Le premier est bien pour le turnover en Ligue 1 mais est bien trop loin du niveau Ligue des champions. L’allemand, que Tuchel apprécie fortement, a déjà joué à ce poste en sélection. Il peut, à l’instar de Diallo, être ce joueur plus défensif que Florenzi si Paris décide d’être plus solide. Enfin, Pembélé est venu pointer le bout de son nez depuis quelques matchs et force est de constater qu’il a marqué des points. Il pourrait rapidement passer devant Dagba, mais en C1, cette saison, ça risque d’être encore un peu juste.

Le milieu de terrain

Le choix de ce 5-3-2 peut aussi s’expliquer par le profil des milieux de terrain. En ayant une assise défensive à trois défenseurs axiaux, Thomas Tuchel peut alors oser aligner trois joueurs au profil technique au milieu, comme ce fut le cas contre Basaksehir avec ParedesRafinhaVerratti.

Dans cette configuration, les trois milieux peuvent prendre plus de risques, jouer vers l’avant, ils savent qu’à la perte de balle, l’axe est bien verrouillé derrière eux. Il n’est pas anodin que l’entraineur parisien, qui n’avait jamais aligné trois joueurs de ballon en même temps, le fasse le soir où il décide de jouer à trois axiaux.

Herrera et Gueye peuvent alors entrer en cours de jeu pour apporter de la fraicheur, du volume de course. Mais s’il se décide enfin à mettre de côté son amour pour le poste d’ailier droit, celui qui a une belle carte à jouer, c’est Di Maria.

L’argentin avait réalisé six mois de grande qualité dans les trois du milieu lors de l’obtention de la décima par le Real Madrid. Mais il avait ensuite quitté le club, refusant de continuer à jouer au milieu. Avec sa qualité de passe, sa vision du jeu, il peut être un vrai atout à ce poste. Deux interrogations subsistent : en a-t-il envie et a-t-il les jambes pour le faire ?

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En attaque, une liberté totale

Évidemment, on a presque envie de se dire que ce système a été pensé pour Mbappé et Neymar. Avec huit joueurs derrière eux et une grosse densité axiale, les deux offensifs du PSG peuvent alors se permettre moins d’efforts de replacement. Mais surtout, ils bénéficient d’une totale liberté de mouvement devant, puisque les postes sont encore moins figés que lorsque vous jouez à trois ou quatre attaquants.

L’autre avantage, c’est qu’avec autant de joueurs derrière eux, mais aussi avec un milieu plus technique, les deux joueurs ne sont plus obligés de redescendre bas pour organiser et toucher des ballons. Ils sont alors positionnés dans une zone où ils peuvent apporter le danger plus rapidement.

Enfin, comme il est libre, ça permet à Mbappé d’attaquer la profondeur, sans avoir à s’adapter aux déplacements des autres attaquants.

Un plan A ou un plan supplémentaire ?

On est obligé de minimiser le rendement de ce système par rapport à l’adversaire du soir. Basaksehir n’avait ni les moyens ni la tête à gêner les parisiens. Il faudra alors revoir ce schéma avec un adversaire plus costaud, qui aura des qualités pour gêner le PSG, notamment pour voir comment réagira ce milieu de terrain. Le vrai point positif, c’est que cela offre à l’équipe de la capitale, une alternative.

Avec ce positionnement, il y a des grands perdants. Di Maria, évidemment, mais Moïse Kean, voire Icardi, s’il revient un jour. Ça peut paraitre dur, mais la concurrence fait partie des gros clubs, et on peut même se dire que Tuchel ne s’en était pas assez servi jusque-là. Il faudra alors voir comment vont le vivre les joueurs individuellement, mais aussi comment va réagir le vestiaire quand on sait, par exemple, qu’un Di Maria est extrêmement apprécié. Ce sera à Tuchel et à Leonardo de gérer cela.

Il faut se rappeler que, quand Tuchel était arrivé, il avait essayé de nombreux systèmes. D’un match à l’autre et dans une même rencontre, il n’hésitait pas à utiliser deux voire trois en fonction du match et de son coaching. Ce fut moins le cas depuis un an.

Désormais, suivant les états de forme, les circonstances, les absents, mais aussi l’adversaire, le PSG peut évoluer indifféremment en 5-3-2, 4-3-3, 4-4-2. C’est un vrai atout. Et avec la progression athlétique de chacun, après quatre mois compliqués, ça peut ouvrir de belles perspectives pour la fin de saison.

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