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La polyvalence, c’est l’avenir

En recrutant des joueurs polyvalents, le PSG se met dans le moule du football moderne. La plupart des grands clubs possèdent plusieurs joueurs capables de s’adapter aux demandes de leur entraîneur.

Mukiele capable de jouer défenseur central ou latéral droit, Ekitike qui peut jouer en pointe, en deuxième attaquant voire sur un côté ou Renato Sanches qui peut évoluer milieu de terrain axial ou sur le côté: le PSG mise, cette saison, sur des profils polyvalents.

Pendant des années, rares étaient les joueurs qui pouvaient changer de poste. À une époque, la polyvalence était même un défaut, presque mal vue. Même s’il y a toujours eu quelques exceptions, aujourd’hui, c’est presque devenu indispensable dans les compétences requises pour un joueur.

À City, De Bruyne peut jouer à tous les postes du milieu mais aussi devant. Bernardo Silva, offensif côté droit a été repositionné milieu relayeur droit. City pousse même la polyvalence en cours de match avec, par exemple, des latéraux capables de devenir des milieux intérieurs en transition offensive.

Cette polyvalence se travaille dès la formation et pour plusieurs raisons. La première, c’est la progression du joueur. De Ligt était un excellent défenseur chez les jeunes de l’Ajax. Pour poursuivre sa progression, ses formateurs vont le surclasser et le faire évoluer milieu de terrain pour le mettre en difficulté. Le nouveau défenseur du Bayern a donc dû s’adapter à la densité au milieu et à devoir jouer plus vite. Quand il est revenu en défense, tout est devenu alors encore plus facile. On peut facilement imaginer que le néerlandais possède les compétences pour évoluer au milieu si un entraîneur lui demandait.

Des changements de postes dès la formation

L’autre raison qui pousse les formateurs à utiliser les joueurs à plusieurs postes, c’est la concurrence. Imaginons un jeune talentueux titulaire au milieu ou en attaque, qui ne serait utilisé qu’à un seul poste. Le jour où un meilleur joueur arrive à son poste, il perdra sa place. Si ses formateurs l’ont fait évoluer à plusieurs postes pendant sa formation, il pourra alors garder sa place dans l’équipe à un autre poste.

Il y a plusieurs raisons qui poussent les entraîneurs à vouloir de plus en plus de joueurs polyvalents au très haut niveau. Tout d’abord, pouvoir s’adapter à différents systèmes de jeu avec une grande rapidité et limiter le temps d’adaptation.

Ensuite, au lieu de devoir prendre deux joueurs pour un seul et donc de devoir posséder 22 joueurs pour doubler chaque poste, vous pouvez doubler les postes avec dix-huit joueurs seulement. Par exemple, si le PSG veut un remplaçant à Ramos et un à Hakimi, il aurait dû prendre deux joueurs. Avec une seule recrue, Mukiele, le staff parisien a réglé le problème.

Enfin, avec des joueurs polyvalents, vous pouvez surprendre l’adversaire. Une équipe ne défendra pas de la même façon si c’est Mbappé ou Messi qui évoluent en pointe. Pour exemple, en 2020, Guardiola avait Jesus comme avant-centre. En huitième de finale aller de la Ligue des champions, l’entraîneur espagnol décide alors de placer le brésilien côté gauche et d’aligner Silva et De Bruyne en pointe. Les madrilènes n’avaient jamais trouvé comment gérer une problématique imprévue. Sans des joueurs polyvalents, et malgré tout le talent de Guardiola, cette innovation aurait été impossible.

On ne peut pas construire un effectif qu’avec des joueurs polyvalents. En revanche, avec le prix des joueurs et les salaires, le football s’orientera de plus en plus vers ces profils. Ce qui était, il y a vingt ans, un défaut, est devenu aujourd’hui une qualité presque indispensable.

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